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Emmanuel de Waresquiel en vidéo

 

 

La médiathèque de Mortagne recevait, vendredi 30 juin 2017, l’historien de renom, Emmanuel de Waresquiel, spécialiste du premier XIXe siècle, pour son livre Juger la reine aux éditions Tallandier.

Se livrant à une fresque politique et sociale de l’Ancien Régime, Emmanuel de Waresquiel a séduit les quelque 80 participants à la rencontre, par son érudition, son talent d’orateur et un propos qui ne manquait pas d’épaisseur. Emmanuel de Waresquiel choisit de montrer la machine révolutionnaire dans ses œuvres les plus terribles.  Qui juge-t-on ? La reine Marie-Antoinette, qui a attiré durant sa courte vie une somme de ressentiments, de violence et de calomnies peu commune ; une femme incomprise, sans doute inconséquente, mais à la recherche d’elle-même et d’une impossible vie privée dans un monde étrange de représentation et de codes.

Cette reine était aussi une mère aimante. C’était surtout une étrangère considérée comme telle, voire comme une espionne à la solde de son pays natal, l’Autriche - dont les nouvelles alliances de Louis XV avaient voulu faire un pays allié. Pays natal qui l'a abandonnée à son sort dramatique. Mais face au drame d’une mort inéluctable, au bout d’un procès rapide et truqué, Emmanuel de Waresquiel souligne que Marie-Antoinette se révèlera d’un courage et d’une dignité exceptionnels. Elle affrontera sans une plainte, sans un cri, l’horreur de la guillotine après des jours d’une solitude et d’un dénuement extrêmes dans sa cellule de la Conciergerie.

La nouveauté de Juger la reine, c’est de donner à voir  la personnalité des jurés  du procès de Marie-Antoinette des 14, 15,16 octobre 1793 grâce à l’exploration par l'auteur d’archives peu connues. Les jurés sont pour la plupart des représentants de la petite bourgeoisie très engagés dans la Révolution et qui n’auront aucun état d’âme dans leur verdict. Le peuvent-ils ? Non, car la peur et la menace règnent aussi dans leurs rangs et leur jugement est dicté par l’accusateur public. N’ont-ils pas trouvé sur leur table un court message sans équivoque : «la vengeance nationale est remise entre vos mains » !  Un livre à lire, une reine à redécouvrir.