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L'art et la vie malgré la guerre

Auteur : Katabuchi, Sunao
Editeur : Esc Editions
Publié : 2017
Type de document : Vidéo et document projeté
Cote : vaa dan
Résumé : En 1944, la jeune Suzu quitte son village proche d'Hiroshima, pour se marier et vivre avec sa belle-famille à Kure, un port militaire. Sa créativité, pour surmonter les privations, la rend vite indispensable au foyer. Comme habitée d'une sagesse ancestrale, Suzu imprègne de poésie et de beauté les gestes simples du quotidien... Les difficultés de ravitaillement en temps de guerre, la perte de proches, et les frappes fréquentes de l'aviation américaine, n'altèrent pas son amour de la vie. Mais, en 1945, les bombardements dévastateurs de la ville de Kure, puis la tragédie d'Hiroshima vont mettre à l'épreuve la persévérance et le courage de Suzu...

Dans un recoin de la médiathèque, celui des films d’animation destinés à un public qui n’est plus vraiment celui des plus jeunes enfants, vous trouverez de très beaux films, dont celui-ci, réalisé non pas par le grand Miyazaki, mais par un de ses disciples talentueux, Sunao Katabuchi.

Dans un recoin de ce monde est, au delà de sa modestie, un hymne, qui exalte la peinture et le dessin et qui loue les valeurs de la famille et de l’humanité.

Les magnifiques dessins traditionnels reproduisent avec beaucoup de détails l'intérieur des maisons, les villes et les ports. Le réalisme est d'ordre quasi documentaire et en même temps le procédé donne une véritable portée poétique au sujet.

Ce sujet est celui de la guerre en 1945 au Japon, et l’approche poétique est accentuée par le point de vue adopté, celui d’une jeune femme avec un regard d’artiste ou au moins de rêveuse sur le monde. Ainsi, lorsque Suzu assiste aux premières attaques aériennes en 1945, elle projette mentalement sur la réalité de ce qu’elle voit dans le ciel des jets colorés de peinture. 

Suzu est aussi un personnage de femme humble et résolue que l'on suit pendant douze années, au cours desquelles sa foi en la vie sera durement ébranlée. Pourtant, même le drame terrible qu’est la guerre -et le film en montre la violence de façon frontale mais en même temps un peu distanciée- ne pourra altérer durablement les liens qui l'unissent aux siens. Cette croyance en la force du quotidien et dans les sentiments indéfectibles au sein de la famille, y compris celle d’adoption qu’elle n’a initialement pas choisie, et l’attention apportée par Katabuchi pour restituer toutes les subtilités de cet univers intime, confronté au fracas du monde, font toute l'élégance du film.

G.D. Septembre 2018

PS Un film qu’il est conseillé de voir à partir de dix ans. 

Sur le même thème, nous vous orientons également vers un autre "film d’animation pour adulte et adolescent" empruntable à la médiathèque : Le Tombeau des lucioles, d’Isao Takahata.