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Poésie finlandaise du désespoir

Auteur : Kaurismäki, Aki
Editeur : Tf1 Video
Publié : 2017
Type de document : Vidéo et document projeté
Cote : ved-en aut
Résumé : Helsinki. Deux destins qui se croisent. Wikhström, la cinquantaine, décide de changer de vie en quittant sa femme alcoolique et son travail de représentant de commerce pour ouvrir un restaurant. Khaled est quant à lui un jeune réfugié syrien, échoué dans la capitale par accident. Il voit sa demande d'asile rejetée mais décide de rester malgré tout. Un soir, Wikhström le trouve dans la cour de son restaurant. Touché par le jeune homme, il décide de le prendre sous son aile.

Si Aki Kaurismaki fait des films enveloppés d'une froideur certaine, à l'image de son pays la Finlande, et d'une tristesse évidente, à l'image de son désespoir d'observateur désabusé du monde contemporain, l'humanité pregnante et l'humour burlesque y émergent tels des halos de lumière indispensables et réconfortants. Et c'est finalement cette foi mélancolique en une chaleur humaine perdue qui émeut et qui reste.

Avec son cinéma, Kaurismaki encourage le spectateur à garder sa lucidité et aussi à tenir bon. Tenir bon en sachant apprécier les petites choses agréables de la vie et les gestes rares mais forts de fraternité. C'est ainsi que sont dépeints dans son dernier film les personnages de Khaled, le syrien qui fuit la guerre et le racisme et Wikhström, qui fuit sa femme et le conformisme.

Car dans "De l'autre côté de l'espoir", tout l'état d'esprit de Kaurismaki se diffuse de façon limpide, ceci grâce à une écriture et une mise en scène (direction d'acteurs, rythmes des plans et des séquences, cadres, lumières) parfaitement maitrisées.

Coup de coeur pour "L'autre côté de l'espoir" - Médiathèque de Mortagne

La musique rockabilly qui revient régulièrement dans le film, comme c'est souvent le cas chez le cinéaste, et à chaque fois en étant interprétée à l'image par des musiciens- vient ponctuer les silences teintés d'austérité et de solitude des autres scènes. Le retour à la musique, et souvent aussi à l'alcool joyeux, représente le retour à la vie et à une approche du plaisir.

De cet univers émane une poésie de l'absurde très attachante.

 

G.D. - septembre 2017