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Un roman plein de promesses

Auteur : Désérable, François-Henri
Editeur : Gallimard
Publié : 2017
Type de document : Texte
Cote : r des unc
Résumé : "Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promet-moi de leur dire : au n°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny..." Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à "une souris triste", Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s'en est toujours acquitté : "Des estrades de l'ONU à l'Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l'Elysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n'ai jamais manqué de mentionner l'existence du petit homme", raconte-t-il dans La Promesse de l'aube, son autobiographie romancée. Un jour de mai, des hasards m'ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J'ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d'un certain M. Piekielny.

Romain Gary est à la mode. Un roman sur son mariage avec Jean Seberg l'an dernier, un autre sur son père en début d'année, une adaptation cinématographique de "La Promesse de l'aube" qui sortira en décembre... et le magnifique roman de François-Henri Désérable pour cette rentrée littéraire. Un roman centré sur Romain Gary, plus exactement sur son autobiographie romancée parue en 1960 "La Promesse de l'aube", plus précisément sur le chapitre VII et l'évocation d'un certain M. Piekielny.

François-Henri Désérable part à la recherche de ce personnage,  fouille les archives, arpente les rues de Vilnius (la Wilno d'autrefois), mène l'enquête. Sans succès. Qu'importe! S'il ne trouve trace de M. Piekielny, l'auteur lui donne, grâce à ce livre, une existence humble et tragique - il ne faisait pas bon, en effet, être juif en Lituanie dans la première partie du XXe siècle... M. Piekielny est une excuse pour fouiller la vie et l'oeuvre de Romain Gary, tenter de démêler le vrai du faux, croiser des destins et nous offrir d'innombrables digressions littéraires et culturelles au fil de ce roman aux chapitres courts, parfois surprenants, nous faisant allègrement sauter de la Grande-Pohulanka de 1925 à la jeunesse de François-Henri Désérable à Amiens dans les années 2000. Et là encore, une question s'impose : "Où finit la vérité ? Où commence le mensonge ?" (p 242).

Tout m'a plu dans ce livre : l'histoire, les souvenirs littéraires, le style, l'humour... Quelle belle plume, Monsieur Désérable! J'espère que dans quelques semaines votre livre sera barré de la ceinture rouge du Goncourt. Ce jour-là, promis, j'aurai une pensée pour votre mère.

NLB